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2020, année contre la nudophobie ?
« Ne dites plus antinaturiste, mais nudophobe ». Tel était le conseil lancé par Marc-Alain Descamps en septembre 2000 à la tribune du congrès de la Fédération Française de Naturisme organisé à Héliomonde. Le mot à fait mouche, car sonnant juste, et désormais entré dans les dictionnaires, en même temps que dans le langage de nombre de discours, à l’image de l’APNEL, ou du désormais discours officiel de la fédération. Quelques puristes préfèreraient le terme de gymnophobie, mais la majorité trouvent ce terme plus explicite.
Pourquoi une telle résonnance dans le milieu naturiste, et peut-être même au-delà ? Les naturistes ont compris qu’ils avaient là une arme redoutable, capable de mettre en défaut tout adversaire déclaré : l’accusation de refuser toute nudité, la sienne comme celle des autres. En résonnance avec d’autres « peurs » récemment médiatisées, comme la grossophobie, l’islamophobie… Certains spécialistes en dénombrent ainsi au moins 500.
Lors du congrès 2000, Marc-Alain Descamps précisait toutefois que ce terme n’est pas pour autant un remède magique. S’il peut mieux contribuer à faire socialement accepter la pratique naturiste, il n’entraînera pas pour autant une conversion. Tel qu’il en était alors, et toujours d’actualité, à propos de l’homophobie.
Mais, soulignait alors les participants à ce congrès, « gagner cette acceptation est une nécessité, car elle permettrait à beaucoup de naturistes de se revendiquer tel sans avoir à craindre les regards suspicieux de leur entourage ».
Depuis, la pratique naturiste s’est de plus en plus diversifiée, gagnant du terrain en dehors des espaces dédiés, affichant une nudité parfois urbaine qui perturbe encore la vie de nos contemporains, s’appuyant sur une législation aux contours trop flous, et propre aux interprétations les plus contradictoires.
Vingt ans après, il était bon de faire le point sur la perception de la nudité dans l’art, dans les médias, dans le sport ou dans le domaine public, pour voir si la censure est plus ou moins restrictive en matière de nudité. C’est ce que nous vous proposons dans le dossier de cette édition.
En 2020, la nudophobie sera-t-elle en régression. C’est tout ce que l’on peut souhaiter, en restant vigilant, et combatif.
Jean-Luc Bouland
Responsable de la rédaction